entraide, associations, dons, collectivité … on fait quoi pour le gars qui crève en bas de chez toi ?

en réponse à l’article de contrevoie … (dispo en fin d'article)

comme disait Coluche …

"autrefois on gardait toujours une place à table
une chaise, une soupe, un coin dans l’ étable"

et maintenant on fait quoi ? … ah oui, on file des sous. enfin, on nous dit qu’il faut donner de l’argent, on nous culpabilise en nous montrant des images de gens qui meurent de faim, qui meurent dans les rues. et nous, que pouvons nous y faire ? moi, j’ai fait tout ce qu’on m’a dit : j’ai travaillé à l’école, j’ai travaillé après l’école, j’ai cotisé, j’ai payé mes impôts, en gros j’ai fait ma part de boulot pour que la société tourne rond … et c’est exactement ce qui se passe … la société tourne en rond, l’argent tourne en rond … le même billet qui fait le tour de la planète pour retourner dans la même poche. et pendant son voyage, il a fait rêver tout le monde, il a fait miroité la richesse, la réussite, le pouvoir, et le soi-disant bonheur libéral.

mais ce petit billet a oublié quelqu’un : le gars en bas de chez toi, tu sais, le gars que tu regardes pas car tu as fait ta part du boulot (il a qu’a faire la sienne) et que toi, tu as des responsabilités. d’ailleurs tu as aussi pris ta part de responsabilité : tu as voté.

alors qu’est-ce qu’on fait ? car malgré ton travail, tes responsabilités, le gars en bas de chez toi, bah il est mort de froid. et tu n’as rien fait pour empêcher ça. moi non plus. sommes nous méchants, mauvais ? non ! enfin, il doit y en avoir des sales cons qui se réjouissent de la mort des sdf … surtout ceux qui collent du grillage sur les bancs publics ou qui demandent à leurs clients de ne pas nourrir les sdf. mais toi, moi, ne sommes pas mauvais, on a simplement l’habitude que notre système engendre ce genre de chose. oui … ce que tu viens de lire n’est pas une surprise pour toi, ni pour moi.

quoi … encore un article culpabilisant ? encore un appel au don ? non ! plutôt une manière différente d’envisager la solidarité. et ce qui m’a fait réfléchir (en dehors du gars mort en bas de chez moi), c’est un article de contrevoie, qui voudrait faire quelque chose. alors oui, je fais déjà quelque chose, je donne à action contre la faim, je donne ce que je peux quand je peux, mais je sais que ça sert pas à grand chose, surtout quand je vois que la solidarité ne change pas le système. pourquoi ? ben parce qu’il s’en tape le système… ça l’arrange même que tu culpabilises, ça lui permet d’utiliser tes impôts pour faire autre chose, vu que tu file de l’argent en plus … c’est que tu manques de rien…

oki, le tableau est tracé : une société qui demande à ses citoyens de participer à “l’effort collectif” (par le biais des taxes et impôts) mais qui est incapable d’assurer la survie pure et simple de certains de ses membres. pire, qui te culpabilise parce que toi, tu as un toit, un lit et à manger tous les jours. autant vous dire que pour moi, je ne devrais jamais filer une cents à qui que ce soit, étant donné que je file à la collectivité. ce n’est pas à moi à me substituer à la collectivité.

mais alors c’est quoi la collectivité exactement ? un état qui me domine et m’impose ses règles. ces règles qui assurent la survie des puissants et fait crever des gens dans la rue ? me plaît pas bien comme truc … mais alors la collectivité serait autre chose ? les humains vous voulez dire ? ahhhhh ! ça je vois bien, je comprends, ça me parle : la collectivité, c’est nous, toi, moi, l’autre. c’est mieux non ? mais dans ce cas… à quoi ça sert de refiler du fric à l’état si il ne peut même pas assurer la survie de la collectivité (bah oui, du coup, le gars mort en bas de chez moi faisait aussi partie de la collectivité non ? )

solution ? comme d’hab … un peu de rêve : le revenu de base .

euh oui, mais en attendant .. tu fais quoi arpi ? bah je fais comme d’habitude aussi… je continue à donner tout en ayant conscience que ça ne résout rien et que les puissants en profitent.

bien sûr, ma solution ultime, si vous avez lu un article ou deux ici, c’est l’anarchie, donc pas d’état, donc pas de revenu de base non plus… car en anarchie, le sdf n’existe pas, on appelle ça un routard mais bon, comme l’anarchie n’est pas le mouvement majoritaire sur la planète (même si c’est le mouvement majoritaire chez les humains, je l’affirme gratuitement), et bien je ne peux que relayer avec ferveur et enthousiasme, l’appel de contrevoie pour faire un maximum de bruit, et participer à une solidarité humaine réelle, mais militante, interpeller les élus, les emmerder le plus possible avec lettres, mails etc, afin qu’ils filent du fric aux sdf, plutôt qu’aux fabricants de grillage …

pour ce qui est des solutions possibles et de la mise en œuvre, contrevoie préconise un maillage, un réseau de gentils humains prêts à aider, et des humains bruyants pour alerter les autorités. il parle aussi d’une pétition nationale. pour les gentils humains, un bel exemple ici . pour le maillage, je ne peux qu’associer ce blog à toute action visant à sauver une vie (comment faire autrement …), pour l’information et le recueil de données, j’ai la chance de vivre dans un petit village sans misère apparente (même si notre famille est bien en-dessous du seuil de pauvreté). pour les élus, je ne vote pas, je ne vais donc pas pousser l’hypocrisie jusqu’à écrire à un imposteur dont je me fous. à propos d’une pétition, j’avoue que je ne crois absolument pas aux pétitions de type “sociale”, tout simplement car très peu d’électeurs changent leurs votes à cause du sdf mort. et les dirigeants le savent. c’est un peu cru dit comme ça, mais c’est vrai. alors quoique vous choisissiez de faire, quel que soit votre moyen d’action, l’important est d’agir, de faire quelque chose, afin de ne pas laisser les gens mourir dans la rue.

merci de votre attention

++
arp

ref l'article de contrevoie qui n'est plus en ligne :

2015 115 : Chaque année entre 400 et 500 morts dans la rue, quelques reflexions, indignations, motivations

6 janv. 2015 par contrevoie

Chaque année entre 400 et 500 morts dans la rue, et chaque hiver, l’indignation médiatique passagère d’hiver et rien ne bouge ou si peu… Or, ces morts nous touchent au plus profond de nos valeurs qu’elles soient sociales, humanistes, religieuses ou autres.
Il me semble intolérable que cet état de fait perdure…
Comment nous n’avons pas les moyens de préserver la vie de nos concitoyens les plus démunis, les plus désemparés, les plus faibles ???
Ces morts nous interrogent sur nos capacités d’empathie, sur nos compétences politiques, sur l’insignifiance des mots solidarité, fraternité
Un désarroi nous saisit alors … De la misère naît la peur, l’intolérance, l’exclusion…
Comment établir un projet, parler de progrès, si de l’état aux collectivités l’incapacité à remédier définitivement à cette urgence continue.
Et donc à Noel 2015 nous devrions encore …
C’est à nous, à vous, à moi de dire la priorité, l’importance de règler cette situation dramatique qui mine la société.
Bien entendu, l’hébergement d’urgence hivernal est une fausse solution, c’est aux associations de mettre en place des solutions perennes, de signifier les besoins au regard de leur réflexions, de leurs expériences ( cf article ci dessous ).
C’est à nous, à vous, à moi d’exiger de l’état et des collectivités de les doter des moyens nécessaires pour que celà cesse.
Mourir dans la rue est intolérable dans notre société : ce drame mine profondément notre éthique, notre espoir, notre projet.
Soyons convaincu(e)s que notre indignation, notre motivation, notre action imposeront un changement maintenant.
Pas besoin de créer une association, créons une maillage de personnes citoyennes qui s’engagent à des petites actions simples et répétées autour de trois axes
– répertorier les besoins nationaux et locaux et diffuser les informations autour de soi
– interroger les collectivités, interpeller les élu(e)s, informer les médias
– diffuser une pétition nationale une fois les besoins identifiés
L’idée n’est pas de supplanter les associations existantes juste :
Rassembler des personnes qui souhaitent s’investir dans ce projet
Mettre en place un outil pour échanger, informer
Organiser sur une méga pétition citoyenne
Pour l’instant le projet est hébergé sur ce blog sous la catégorie 2015 115

arpinux aka arnault, anarchiste, çadépendiste, humain par défaut
rédacteur principal d'at[h]ome et des cahiers du débutant
pour fouiner, c'est par ici , pour discuter c'est par là.

écrire un commentaire

Quelle est la cinquième lettre du mot sifa3b ?

Fil RSS des commentaires de cet article